La réforme de la facturation électronique va profondément transformer la circulation des flux entre les entreprises, les plateformes agréées et l’écosystème digital des cabinets comptables. Pour l’expert-comptable, l’enjeu ne se limite donc pas aux nouvelles obligations auxquelles ses clients doivent se conformer. Il doit structurer sa stratégie autour d’une question clé : qui orchestrera réellement les flux demain ?

Pour prendre de la hauteur à propos de cet enjeu, nous nous appuyons dans cet article sur le retour d’expérience de David KLEMM, expert-comptable et gérant du cabinet Komptaco, partagé lors d’un webinaire en partie consacré à sa stratégie et sa volonté d’indépendance en vue de la réforme FE. Son témoignage permet d’illustrer, avec un cas concret, les choix structurants auxquels sont confrontés les cabinets : gestion des flux, indépendance technologique, et positionnement vis-à-vis des clients.

Ce retour terrain apporte un éclairage concret à une réflexion plus large pour la profession : dans un écosystème en transformation, rester au centre des flux est indispensable pour préserver la relation client et la valeur créée par le cabinet.

Perdre la maîtrise des flux du cabinet, c’est risquer de perdre du chiffre d’affaires

Avec la réforme, de nombreux acteurs proposent des plateformes agréées. Selon leur nature (banques, outils de production, outils de facturation…), leurs intérêts peuvent diverger et certains cherchent à capter la relation avec les entrepreneurs, au risque de désintermédier le cabinet.

David Klemm l’a constaté très concrètement lors du déploiement de son offre facturation électronique et a dit à ses clients :

« Attention, vous allez être démarchés par certains acteurs. Prenez garde de ne pas souscrire à n’importe quelle offre. » – David Klemm

Certains clients peuvent en effet souscrire à des solutions sans mesurer les conséquences sur l’organisation des flux avec leur cabinet, le risque est donc réel. Si les flux sortent de l’écosystème du cabinet comptable, la donnée se disperse et ce dernier perd l’accès en temps réel à l’information, ce qui limite sa capacité à créer de la valeur pour ses clients.

David Klemm résume bien l’enjeu stratégique dans la vidéo suivante 👉 Je regarde la vidéo

Comme il le dit, derrière l’enjeu de la maîtrise des flux se cache une réalité économique : si le cabinet ne garde pas la main, il risque progressivement de perdre certaines missions et une partie de son chiffre d’affaires.

Plus que jamais, l’expert-comptable doit s’affirmer comme tiers de confiance auprès de ses clients

En vue de la réforme, les dirigeants d’entreprise ne cherchent pas à devenir experts de la facturation électronique. Ce qu’ils attendent avant tout, c’est un interlocuteur de confiance pour les guider et un parcours client sans couture, qui leur permette de se mettre en conformité, sans complexifier leur gestion quotidienne.

Dans ce contexte, le rôle du cabinet est d’éclairer les choix de ses clients, de structurer les outils qui seront utilisés et de s’assurer que les flux de facturation restent cohérents avec l’organisation du cabinet.

C’est précisément l’approche décrite par David Klemm. Face au bruit du marché et aux nombreuses offres qui émergent autour de la réforme, son cabinet a d’abord choisi de temporiser et d’accompagner ses clients dans la compréhension du sujet.

« On leur a dit : attendez, on sera là pour vous expliquer tout ça. On va revenir vers vous. » – David Klemm

Autrement dit, dans un environnement qui peut rapidement devenir confus pour les entreprises, le cabinet joue pleinement son rôle de tiers de confiance en sécurisant les choix et l’organisation des flux de ses clients.

 

Avec la réforme FE, l’architecture technologique du cabinet devient davantage stratégique

L’architecture technologique a toujours été un sujet structurant pour les cabinets. Mais avec la réforme de la facturation électronique, cet enjeu devient encore plus déterminant.

Car toutes les architectures ne produisent pas les mêmes effets. Certaines solutions peuvent progressivement déplacer les flux en dehors du cabinet. D’autres, au contraire, permettent de structurer un écosystème dans lequel le cabinet reste l’interlocuteur central.

C’est dans cette logique que certains cabinets font des choix d’outils précis et adaptés à leur besoin.

Le cabinet Komptaco a par exemple fait le choix d’une architecture ouverte, fondée sur l’interconnexion entre le portail client MyCompanyFiles et la plateforme agréée jefacture.com, rendue possible grâce à MyHubFE, le module qui permet au cabinet d’orchestrer ses flux de facturation électronique.

Pour lui, le critère décisif était clair : l’indépendance. Son objectif est de conserver la maîtrise de son organisation et éviter toute dépendance à un éditeur unique. Comme il l’explique :

« Je veux garder mon indépendance. Si demain je change par exemple de logiciel de production comptable, je ne veux pas être bloqué. » – David Klemm

Ce choix illustre une réflexion de plus en plus présente dans la profession comptable : l’architecture technologique du cabinet devient un levier stratégique pour conserver la maîtrise des flux et de la relation client.

Structurer l’architecture du cabinet pour transformer la réforme FE en opportunité

Lorsque l’architecture du cabinet est pensée de manière cohérente, elle ne sert pas uniquement à répondre aux contraintes techniques de la réforme. Elle permet aussi au cabinet de structurer une offre claire pour ses clients et de transformer la facturation électronique en véritable levier de développement.

Car au-delà des outils, ce qui fait la différence est la capacité du cabinet à organiser les flux de ses clients dans un écosystème qu’il maîtrise.

Cette approche permet non seulement de sécuriser les échanges et la circulation de la donnée, mais aussi de renforcer la place du cabinet comme interlocuteur central auprès de ses clients.

Le cabinet Komptaco en est une illustration concrète. En structurant son architecture autour de l’interconnexion entre MyCompanyFiles et la plateforme agréée jefacture.com, le cabinet a pu déployer une offre facturation électronique claire et lisible pour ses clients.

Cette cohérence dans l’organisation des flux a facilité l’adhésion des entreprises accompagnées par le cabinet.

Comme l’explique David Klemm :

« Aujourd’hui, on a un taux de transformation de 100 % sur notre offre facturation électronique. » – David Klemm

Ce résultat montre que lorsque la réforme est intégrée dans une vision globale de l’architecture du cabinet, elle peut devenir un véritable levier commercial.

Pour découvrir plus en détail le retour d’expérience de David Klemm et la stratégie mise en place au sein du cabinet Komptaco, vous pouvez accéder au replay du webinaire en cliquant ici.👇